Tout le monde, à un point ou un autre dans sa vie, s’est fait intimider par quelqu’un d’autre. Je ne peux pas prétendre que la gravitée du problème que pose l’intimidation est la même chez tout le monde – quelques personnes ont seulement vécu une expérience de quelques minutes dans laquelle on les a verbalement insulté, tandis que d’autres ont vécu des raclées à chaque jour de leur enfance. Il y en a même qui le vivent encore aujourd’hui, en temps qu’adulte. Ce qui nous mène à notre sujet : Est-il correcte d’apprendre aux enfants comment rétalier contre une attaque pour se défendre, au lieu de promouvoir la non-violence verbale et physique à tout prix? Moi, je suis convaincue qu'il faut apprendre à nos enfants comment se défendre face à une agression au lieu de leur dire de rester gentils et silencieux jusqu’à la fin de l’agression, pour alors aller chercher de l’aide après. Il est à spécifier que par « défendre » je veux dire attaquer à son tour au même niveau que l’agresseur pour se protéger (donc les confrontations verbales restent verbales, seulement les confrontations physiques peuvent être répondues physiquement).
D’abord, occupons nous de la principale controverse du sujet: l’idée négative que la violence engendre plus de violence. Bien que cette idée ait beaucoup de vérité, elle reste une généralisation, puis ce serait absurde de l’appliquer sans penser aux limitations et conditions uniques à chaque type d’agression et de confrontation. Justifier ne pas se défendre contre le harcèlement scolaire car cela amène de la violence est un de ces cas absurdes. L’intimidation n’est pas une dispute de territoire entre voisins, dans laquelle les gens impliqués ne sont pas mutuellement en désaccord, l’un fâché contre l’autre, souhaitant du mal sur l’autre. Dans le cas de l'intimidation, l’une d’entre elle est une victime innocente qui subit le mal de l’action d’un agresseur, qui fait quelque chose de méchant, sans pitié. Habituellement il n’y a même pas de raison pour ses attaques – ils sont qu’une forme de discrimination ou basées sur des goûts personnels. Alors comment-peut-on oser dire qu’une victime ne devrait pas se défendre car cela amènerait plus de violence? Les victimes ne font rien de mal et doivent être défendus – telle est la justice. Bien que l’exemple soit extrême, je suis sûre que vous êtes capables de justifier l’utilisation de la violence contre les allemands nazis durant la deuxième guerre mondiale, voulant dire que vous pouvez justifier l’utilisation de la défense verbale ou physique contre un agresseur puisqu’ils souffrent eux aussi d’un préjugé injuste. Un des premiers pas d'une victime est qu'elle se défende et fasse comprendre qu'on ne peut pas l'intimider facilement!
L'intimidation a une victime et un agresseur. La distinction entre les deux est claire.
En suite, parlons brièvement de l’effet sur le développement personnel que se défendre contre l’harcèlement scolaire peut avoir. En premier il renforce l’estime de soi – l’on doit invoquer un respect pour soi-même, aussi petit qu’il peut être, pour se défendre devant un agresseur. On doit penser « Hé! Je mérite du respect, même si je dois me battre pour l'obtenir! ». Cela développe aussi le sens de responsabilité d’un individu. Finis sont les jours où la seule façon de s’aider soi-même est de demander à un professeur ou à un "adulte digne de confiance" pour de l’aide! Même les enfants devraient apprendre que la personne la plus fiable que l’on puisse connaitre est soi-même. Chaque sept minutes un enfant dans une cours d’école est intimidé. Dans 4% des cas un adulte intervient. Dans 11% des cas, un camarade intervient. Dans 85% des cas, personne ne vient à leur aide. C’est pour cela que l’on doit apprendre à l’enfant de s’aider soi-même: pour ne pas qu’il attende pour qu’un héro vienne arrêter ses pleurs, car presque neuf fois sur dix, son héro est occupé à faire autre chose que de l’aider.
Bref, puisque l’on ne devrait pas condamner les victimes d’une injustice, puis que l’on devrait promouvoir la confiance en soi et la responsabilité dans chaque individu, je crois sincèrement que l’on devrait apprendre à nos enfants comment bien se défendre au lieu de tendre l’autre joue.
Pour finir, j’aimerais bien vous montrer une vidéo qui m’a inspirée à écrire se post. Vous pouvez ne pas le redarder si vous voulez - ce n’est qu’un petit fait divers pour garder l'esprit "nerd". Cette scène est tirée de l’épisode 3.02 de Supernatural, intitulée The Children Are Alright.